De la Chine à la Mongolie

Nous embarquons le 12 mai 2012 à 17h à bord du bus couchette qui nous emmènera au nord jusqu’à la frontière avec la Mongolie. Alors que nous pensions être les seuls étrangers dans ce bus, nous faisons la connaissance de Pierre, un français qui vit à Oulan-Bator depuis un petit moment avec sa femme Anne, l’occasion de poser quelques questions sur la culture et la vie Mongole. Le trajet va durer 16 heures, nous arrivons à 5 heures du matin dans la ville frontière de Erlian (en Chine). De là, le marathon du passage de frontière commence …

Nous devons déjà attendre jusqu’à 9h que le poste frontière ouvre. Un service de Jeep-taxi nous emmène de Erlian jusqu’à Zamyn uud (ville frontière Mongole) en passant par les deux postes frontières de chaque pays. A chaque fois, c’est beaucoup d’attente, des tampons, de l’attente…Il aura fallut plus de 2 heures pour parcourir 3km et traverser une frontière…et enfin être en Mongolie.

La jeep nous pose devant la gare, d’où nous voulons prendre l’unique train quotidien (à17h) jusqu’à Oulan-Bator. Tous les guichets sont fermés et personne ne parle anglais (ni même français, c’est fou quand même ?!), A partir de ce moment là, Pierre sera notre sauveur car il parle mongole !! On ne le lâchera plus 🙂 . On finit par comprendre que le train est complet et très très demandé mais pourquoi ?? Et bien parce que des centaines de mongoles viennent côté Chinois pour acheter tous les produits qu’ils ne trouvent pas (ou très cher) en Mongolie puis reviennent avec ce train. C’est un peu la grosse déception car il va falloir passer une nuit à la frontière et attendre demain 17h. La guichetière nous annonce la couleur, il faudra venir à l’ouverture demain matin à 7h (!!!!!!) si nous voulons avoir une chance de décrocher une place car bien évidemment (et comme pour le bus en chine) ils ne vendent les billets que le jour même !!!!  Il va donc falloir se réveiller à 6h demain.

Pour l’instant la mission est de trouver un hôtel pour la nuit, nous faisons le tour avec Pierre pour finalement trouver une chambre confortable pour 3 personnes avec une douche mais sans eau …en même temps nous sommes déjà dans les environs du désert de Gobi et cela se ressent dans les rues de cette petite ville balayée par le vent et le sable (genre de ville western).

Le lendemain, réveil difficile à 6h du matin pour se rendre à la gare et acheter les billets. On en croit pas nos yeux, il y a déjà une queue de 50 mètres devant nous, attendant dans le froid. On commence à se demander si on va y arriver… A 7 heures les portes s’ouvrent et les gens courent dans la gare comme si des places de concerts des Rolling Stones étaient en jeu. 5 files d’attente se forment devant les guichets et deux gardiens veillent férocement à une certaine discipline. Certains essaient d’aller directement au guichet en prétextant n’importe quelle excuse, d’autres doublent ou payent d’autres gens plus avancés pour se mettre devant… Les gardiens sont un peu débordés et ne rigolent pas, plusieurs se font gentiment éjecter. On regarde ça à la fois étonnés et amusés. On arrive enfin au guichet avec l’aide de Pierre pour la traduction. Etant donné la forte demande, toutes les couchettes ont été transformées en siège pour satisfaire le plus grand nombre… c’est pas cette nuit qu’on dormira.

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Le train partira à 17h et arrivera à 9h le lendemain. Billets en poche, nous arrivons vers 16h à la gare pour l’embarquement, une dizaine de personnes attendent l’ouverture des portes de notre wagon avec des dizaines de sacs, paquets, cartons… C’est la lutte ouverte pour entrer dans le train, les gens font des va-et-vient avec encore plus de marchandise à stocker absolument partout. Le train démarre plein à craquer. Le wagon est très animé, musique, boisson, jeu, discussion enflammée entre locaux. La nuit sera courte mais nous avons réussi à nous allonger, avec Blanche, sur une banquette aussi large qu’un siège. A 9h, le train entre en gare d’Oulan-Bator et nous délivre de 3 jours de marathon depuis Pékin. Première surprise, il ne fait pas froid du tout malgré l’image sibérienne que nous avions de ce pays. Nous nous dirigeons vers l’appartement de Pierre car il nous a gentiment proposé de nous héberger chez lui ! Nous avons droit à une douche chaude et un endroit convivial pour nous détendre un peu avant de faire le tour des agences de voyages pour organiser notre expédition en Mongolie.

Nous choisissons l’agence  « Golden Gobi » qui propose un tour de 14 jours, au programme : 2600 km à parcourir entre le désert de Gobi et les steppes centrales, randonnée en chameau et cheval, nuits en yourte MAIS pas de douche pendant 14 jours…. Pas de répit jusqu’à la fin de ce voyage. Nous partirons donc dans 2 jours avec un chauffeur, un guide, 2 italiens et une américaine.

Un visa semé d’embuche

Une dernière chose à régler avant le départ, obtenir le visa chinois pour notre retour à Pékin (d’où nous prendrons l’avion pour la France). Et là c’est le drame, le visa nous est refusé à l’ambassade car depuis 3 semaines, il faut une lettre d’invitation d’un résident chinois … « bien sur ma petite dame, j’en ai toujours une sur moi » (on est maudit !). Nous repartons dépités et commençons à chercher une connaissance, un ami d’ami, on fait le tour des auberges pour trouver des touristes chinois, je contact une ancienne collègue chinoise qui ne répond pas, je contacte une amie de Taïwan qui n’est pas vraiment la Chine donc risqué … nous partons demain pour 14 jours sans internet et nous n’avons personne à qui demander.

La solution viendra de l’américaine (de notre groupe) qui me met en relation avec un ami chinois. Je vais donc demander à ce parfait inconnu de m’envoyer par mail une lettre d’invitation et un scan de sa carte d’identité et ceci le matin même de notre départ sans savoir s’il va le faire et sachant que je n’aurai pas moyen de trouver une autre solution durant les 14 prochains jours…  Nous laissons à Pierre nos passeports et tous les documents liés à la demande de visa + un accès à ma boite mail au cas où une lettre d’invitation arriverait de mes nombreuses demandes. 7 jours plus tard, nous avons pu appeler Pierre qui nous confirme que la lettre d’invitation est bien arrivée et que nos demandes de visa ont été acceptées (avec une lettre d’invitation bidon)… c’est un gros soulagement. Encore un grand merci à Pierre notre éternel sauveur.  L’épisode frisson est terminé mais reste à savoir si nous pourrons récupérer nos passeports avec le visa.

 

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J-7: Home sweet home

 

Ca sent la fin….

Avant de prendre notre train d’Oulan-Bator pour revenir à Pékin, nous vous dévoilons la date de retour en France !

Nous arriverons à Lyon en fin de soirée le mercredi 6 JUIN !!!

Nous sommes impatients de tous vous revoir

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Ni hao Pékin…

Le train nous jette sur le quai de gare de cette grande ville, il est 8h, nous sommes complètement à côté de nos pompes mais heureux d’en avoir terminé avec ce trajet Lhassa-Pékin. On reprend nos gros sacs (plus pour très longtemps) et on file à l’ambassade de Mongolie faire notre demande express de visa. Opération réussie, à 11h, on se met en quête de l’auberge sympa que nous ont conseillée deux français. Le quartier est sympa, animé, mais l’hôtel ne veut pas de nous car nous n’avons pas nos passeports (évidemment, ils sont pour deux jours à l’ambassade…), que des photocopies.  On plaide, on explique, on fait du charme, on négocie, rien à faire, les ‘règles sont les règles’… pas commodes les chinois ! On demande aux étrangers croisès dans la rue, mais tous nous disent que le passeport est obligatoire, on se voit déjà dormir sur un banc. Finalement, Laurent trouve une auberge où il oublie de préciser que nous ne les avons pas, ce n’est qu’au moment de régler la chambre qu’il tend les photocopies, trop tard pour eux, on a déjà presque payé, c’est gagné ! On passe l’après midi à larver sur internet, on ne peut toujours pas mettre à jour notre blog, le gouvernement chinois n’y autorise pas l’accès, Il faudra attendre de passer côté Mongole pour y avoir accès !

Le lendemain matin, on se met en chasse pour acheter des billets de bus pour aller jusqu’à la frontière Chine-Mongolie. L’auberge est incapable de nous indiquer une agence, on essaye donc directement à la gare car nous avions vu que c’était possible via internet, mais après une longue attente, on nous dit en deux mots que ce n’est pas possible. On se résigne à aller directement à la gare de bus (qui est assez loin), mais la guichetière nous fait comprendre que les billets de bus s’achètent le jour même…. !!!?????!!!! Bref on est venus pour rien et on est consternés par la difficulté que représente l’achat d’un billet de bus. Le bus partira à 17h demain mais pour éviter de se pointer au dernier moment (et la pénurie de billet), on devra revenir demain matin, uniquement pour ça.

Le lendemain, sur les bons conseils d’une autre auberge, nous nous rendons dans un hôtel où un guichet devrait pouvoir en vendre. Mais non, toujours pas, on craque… on finit par retourner à la gare de bus vers 10h, et là c’est bon, on a les billets, on peut partir ! Ici la barrière de la langue est vraiment un très gros problème, les chinois ne parlent pas du tout anglais et ne savent pas lire notre alphabet… (il faut que votre plan soit écrit en chinois et anglais) on a beau être entourés de millions de personnes (chinoises) on ne s’est jamais sentis aussi seul ; donc on devient expert en langage des signes ce qui ne manque pas d’en amuser certains ! (nous les premiers)

On profite de l’après midi pour se balader sur la place Tiananmen et visiter la cité interdite. Elle est immense, mais les 10 000 chinois venus visiter en même temps que nous, ont précipité un peu la visite (on ne comptait plus le nombre de mégaphones et groupes). On a quand même eu le temps d’en profiter un peu dans tout ce bruit ! En sortant de la cité, devant nous, trois pagodes surplombent la ville depuis une colline d’où la vue est vraiment imprenable !

On a profité pendant ces trois jours de la bonne nourriture chinoise, Laurent qui est déjà venu il y a 7 ans est plus à l’aise que moi, mais cette ville est incroyable, après Buenos Aires et Sydney, c’est ici que je me verrais vivre pour quelques années.

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Projection sur le Tibet

Le Tibet était une des destinations phares d’Asie par son coté légendaire et inaccessible, dû à la fois à l’élévation du plateau tibétain (4500m en moyenne) et au contrôle Chinois qui en limitent l’accès. Les paysages sont immenses et magnifiques, les monastères superbes et l’ambiance très imprégnée par les croyances Bouddhistes. Seule ombre au tableau, la répression et la présence chinoise qui diluent dangereusement ce petit bijou culturel.

On vous emmène au dessus des nuages entre 4000 et 5300 m d’altitude!

Pour voir les photos: cliquez sur Photo-Tibet

Pour voir l’itinéraire: cliquez sur iti-Tibet

 Après un rapide stop à Pékin, nous filerons vers les steppes Mongoles !

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7 jours au Tibet

Le Tibet ! Un pays mystérieux et mythique que nous sommes impatients de découvrir. A Katmandou, nous avons pu visionner deux films en rapport avec le Tibet :

  • « 7 ans au Tibet » pour nous imprégner de l’histoire et de la culture Tibétaine. Pour ce qui est des paysages, le film de 1997 n’a pas été tourné au Tibet mais en Argentine et en Autriche puisque les Chinois avaient refusé l’accès à l’équipe de tournage. Pourquoi ? et bien peut être parce que le film montre aussi le début de l’invasion Chinoise vers 1950 (une armée de 80 000 hommes), massacrant une bonne partie des 8000 Tibétains qui tentaient de défendre leur territoire. A ce jour, le réalisateur et Brad Pitt sont toujours interdits de séjour en Chine.
  • « Montain patrol », Un très beau film tourné par des Tibétains au Tibet. Il s’agit d’une équipe qui patrouille dans les plaines Tibétaines afin de chasser des braconniers. L’occasion de voir les magnifiques paysages du toit du monde.

Voilà pour la mise en condition. Nous sommes prêts pour le départ.

 Jour 1 : Katmandou à la frontière Tibétaine (123 km en 5 heures)

Lever matinal à 6h, nous rejoignons notre groupe de 16 personnes dans un restaurant pour un petit déjeuner. Nous avons le droit à un briefing plein de recommandations: Lorsque nous arriverons à la frontière, interdiction de parler de politique ou du Dalai Lama, pas de tee-shirt « free Tibet » évidemment, pas de livre sur le Tibet et surtout pas de photo du Dalai lama. On risque rien de moins que l’annulation de notre visa Chinois et l’interdiction du passage côté Tibétain. L’ambiance est posée, les Chinois ne rigolent pas.

Ci dessus, la trajet que nous devons faire en 7 jours

A 8h, nous embarquons dans un mini bus et c’est parti pour 5 heures de route, direction la frontière qui est à 123 km de Katmandou soit 24km/h de moyenne ! Et oui ça grimpe sévère dans ces routes de montagne. Nous arrivons enfin à la frontière, coup de tampon de sortie du territoire Népalais et nous filons à pied pour traverser un pont; de l’autre côté c’est la Chine. L’ambiance devient un peu plus pesante, le drapeau de la Chine flotte au dessus de plusieurs militaires raides comme des piquets, visages impassibles même devant une photo du Dalai lama (non je rigole mais je vous jure que ça démange quand même !) Nos Passeports et notre visa sont vérifiés en plein milieu du pont (on sert les fesses), c’est bon, nous continuons jusqu’au bâtiment de l’immigration où les autorités vérifierons encore nos passeports et visas avant de verifier nos sacs à la main puis au rayon X. Certains se font confisquer leurs guides de voyage sur le Tibet. Notre guide nous rappelle qu’il est interdit de prendre des photos des militaires et du bâtiment. Le ton est donné mais ce n’est qu’un début.

Nous reprenons la route jusqu’à la première ville à 30 minutes de la frontière. Nous devons normalement dormir ce soir à Nyalam qui est encore à 1H30 de route mais mauvaise nouvelle, il y a eu un glissement de terrain et la route est bloquée depuis 24 heures… Le Guide nous informe que la route devrait être dégagée le lendemain vers 11h. Nous dormirons donc dans cette petite ville, le guide nous conduit dans notre auberge où nous nous entasserons dans un dortoir de 6 personnes ce qui nous permet de faire connaissance avec nos compagnons de chambre, un Américain, une Finlandaise, et un couple de Belges, le courant passe très bien ! Nous irons ensemble nous balader dans la ville puis dîner avant d’aller nous coucher. La nuit sera glaciale.

Jour 2 : Passera ou passera pas ?

Le lendemain, pas de douche puisque l’eau est à 5°c. On enfile le maigre petit déjeuner compris dans le tour et on file dans le bus à 9h. Nous prenons la route  sans savoir si elle a pu être dégagée. Quelques minutes plus tard, nous arrivons à un Checkpoint. La route n’est pas encore dégagée et nous allons devoir attendre. A 11h, toujours bloqués, nous redescendrons à pied en ville pour déjeuner. Nous patientons jusqu’à 15h et une nouvelle info tombe, la route ne sera probablement pas dégagée avant ce soir 21h… Ce qui veut clairement dire « ça peut prendre 5 heures comme 2 jours ». La pression monte d’un cran car des rumeurs parlent de 2 jours. Notre tour comprend 7 jours (pas un de plus) donc si la route ouvre dans 2 jours nous ne pourrons pas rattraper le temps perdu et se sera retour à Katmandou… Sachant qu’il n’y a pratiquement qu’un départ par semaine de Katmandou pour aller à Lhassa, nous pourrions prendre une ou deux semaines de retard sur le programme… Nous attendons anxieusement sur le bord de la route et dans le bus. Nous nous imaginons déjà devoir retourner dormir dans la même auberge miteuse sans savoir si nous passerons le lendemain. Il y a une longue file de 4×4 et bus qui attendent comme nous. Il est 19h, cela fait 10 heures que nous attendons et l’espoir diminue. Et puis soudainement, les gens s’agitent, l’info vient de tomber, la route est enfin ouverte !! Enorme soulagement car on commençait à faire une croix sur le Tibet, si près du but…

On prend la route direction Nyalam à 3700m d’altitude (1h30 de route). Nous nous arrêterons à l’endroit où a eu lieu le glissement de terrain, une partie de la route de montagne a fini 400 mètres plus bas. L’auberge de ce soir est encore plus miteuse que la première, il fait bien froid dans les dortoirs et il n’y a même pas de douche !

Nous apprendrons par la suite qu’un autre glissement de terrain a eu lieu moins de 24 heures après notre passage, coupant définitivement la route pendant plus de 5 jours. Nous avons eu très chaud car plusieurs groupes voulant se rendre à Lhassa comme nous, sont restés bloqués plusieurs jours avant de devoir retourner à Katmandou…. Dur dur

Jour 3 : Nyalam à Shigatsé (400km en 9heures)

Le lendemain, lever à 5h du matin car nous devons rattraper 2 journées en une, on va enchaîner 9h de bus. Nous roulons sur l’immense plateau Tibétain dont l’altitude moyenne est de 4000m, de chaque côté, des montagnes aux sommets enneigés. La région,  très aride et froide offre des paysages désertiques, du jaune à l’orange pour la végétation, du marron pour les montagnes, du blanc pour la neige et du bleu pour le ciel. On traverse quelques villages où la vie s’est arrêtée depuis un moment, Les femmes sont en habits traditionnels, les hommes travaillent la terre à la main ou à l’aide de deux yaks tirant un pieu en bois (Cela nous rappelle les Annapurnas). Les enfants, dont les joues ont été brûlées par le froid, nous regardent passer un peu étonnés. La vie semble bien rude mais quel spectacle. Nous grimpons jusqu’à un col à 5050m, on sort pour prendre une photo du panorama qui inclut le mont Cho oyu (8200m). On rentre vite car le vent est glacial (pause pipi en pleine nature, douloureuse).

Après le passage d’un autre col, le guide nous montre au loin la plus haute montagne du monde : L’Everest ! Nous roulons encore 30 kilomètres pour bénéficier du meilleur point de vue puis descendons du bus pour prendre quelques photos d’une légende qui culmine à 8850 m. On baigne dans le mythique : L’Himalaya, l’Everest, le Tibet…

Le reste de la journée sera tout aussi merveilleuse avec des paysages lunaires, des lacs bleus turquoises, des monts enneigés, un glacier, passage du plus haut col à 5250m d’altitude, l’immense immensité à l’horizon.

Nous arrivons enfin à Shigatsé ou nous allons passer la nuit. Situé à 4000m d’altitude c’est une ville assez grande pour le Tibet. Grosse surprise, l’hôtel est au top, eau chaude, chambre privée, électricité, et il fait chaud !! On file diner, il faut tourner un moment avant de trouver un restaurant qui a un menu en anglais. La nourriture tourne autour des ‘noodles’, pâtes locales qui marinent dans un bouillon et de la viande de Yak. Ce n’est vraiment pas toujours très bon… La France nous manque terriblement par certains moments…

Jour 4 : Shigasté à Gyantsé (90 km en 2 heures)

Après une super nuit et la première douche (chaude) depuis 3 jours, on visite le monastère de Tashilhumpu, résidence du Panchen Lama (la réincarnation de Bouddha), qui compte encore 800 moines tibétains sur les 4000 avant la répression Chinoise… Durant la visite, on ne peut pas vraiment poser de questions qui sont directement ou indirectement liées à la présence chinoise. Pourquoi le nombre de moines diminue ? Pourquoi ne peut-on pas prendre de photos à l’intérieur du Monastère ? Pourquoi certaines parties ont été détruites ?… Toutes ces questions embarrassent profondément notre guide qui ne veut pas répondre ou qui murmure pour qu’on ne l’entende pas à l’extérieur du groupe.

Nous savions que depuis l’invasion chinoise, le Tibet était la cible d’une répression et d’un contrôle terrible mais nous découvrons sur place les détails de cette occupation. En plus du génocide humain qui a fait probablement 1 à 2 millions de morts tibétains, la Chine a entreprit un véritable génocide culturel : mise en fuite du Dalai Lama, 6000 monastères rasés, limitation du nombre de jeunes moines, interdiction de toutes représentations du Dalai Lama… Via le train construit entre Pékin et Lhassa, des millions de Chinois déferlent dans la capitale pour s’y installer sur incitation gouvernementale. Le but est l’occupation du territoire, la dilution des tibétains et de leur culture.   A long terme, l’extinction de leur culture semble bien maitrisée.

Le monastère est magnifique, c’est un véritable village avec des maisons, des lieux de vie, des chapelles. L’endroit a un charme incroyable surtout quand nous croisons des moines dans les ruelles ou quand ils sont en prière dans les lieux de méditation. Mais, nous ressentons un certain malaise quand nous pensons à la situation actuelle.

Nous reprenons la route pour arriver à Gyantsé. Nous irons tout d’abord déposer nos affaires dans l’hôtel tout aussi confortable que le dernier avant de nous diriger vers le Monastère Phalkor. Il est plus petit mais toujours aussi beau. Beaucoup de statues de Bouddha ornent les chapelles dont certains atteignent 4-5 mètres de haut. La culture Tibétaine possède vraiment son propre style. Nous essayons d’en savoir un peu plus sur le Bouddhisme mais nous sommes rapidement dépassés par sa complexité et les noms impossibles à retenir.

Depuis le monastère, nous rentrerons à pied à travers un vieux quartier tibétain, les enfants veulent jouer avec nous, les adultes nous sourient et nous saluent. Maisons typiquement tibétaines, des vaches errantes, des habits traditionnels, on est en plein dans le Tibet. Mais toujours cette présence chinoise, tous les drapeaux tibétains ont été remplacés par celui de la Chine, présence de policiers et de militaires. Lors des longs trajets, des policiers en plastique ont été installés le long de la route et nous devons régulièrement nous arrêter aux checkpoints pour une vérification des visas.

Avant de retourner à l’hôtel, nous dînons dans un des rares restaurants dont le menu soit en anglais. Nous nous risquons à quelques plats locaux. La nourriture est assez chère mais bon pas grand-chose ne pousse à 4000 m… Nuit confortable dans notre hôtel à 4000m d’altitude.

Jour 5 : Gyantsé à Lhassa (261km en 7 heures)

Après le petit déjeuner, nous partons en bus car ce soir nous devons être à Lhassa. Une autre journée consacrée à la contemplation des paysages. Passage d’un col à 5050m, panorama sur des montagnes enneigées, des lacs, des vallées, des villages reculés, j’en profite pour prendre une photo avec des tibétains qui dégustaient la boisson traditionnelle : un thé au beurre de Yak… miam miam. Le contact avec la population est vraiment agréable, ils sont souriants et s’amusent autant que nous de la rencontre. Le trajet passe vite car la vue est captivante. Lhassa n’est plus qu’a 60 km. Signe que nous ne sommes plus très loin, nous roulons désormais sur une véritable autoroute  flambant neuve d’où trois chèvres remontent la voie la plus rapide, à contre sens (pourquoi pas !). Nous apercevons au loin Lhassa et on ne tarde pas à voir le Potala que nous visiterons demain matin. Nous découvrons une ville très moderne avec des grandes voies, des tours, des magasins, des voitures de luxe… Tout est écrit en Chinois et sous-titré en tibétain (devanture des magasins, signalisation). Ca ressemble à une ville champignon chinoise. Nous apprendrons plus tard que 70% de la population est désormais chinoise (environs 3 millions d’immigrants). La majorité des investissements faits par la Chine au Tibet n’ont bénéficié qu’aux Chinois, par exemple, il faut obligatoirement parler Mandarin pour avoir accès aux emplois dans l’administration, la banque, le commerce… Des emplois créés par les chinois pour les chinois. C’est une discrimination qui laisse les tibétains à l’écart et pauvres.

Direction le vieux quartier où notre hôtel se trouve. Ce soir, on dîne tous ensemble dans un restaurant où nous parlons du Tibet, de ce que nous faisons, de nos voyages… On passera une bonne heure à rigoler avec la finlandaise à propos de leur grande passion pour le sauna, véritable institution là-bas. En Finlande, il se pratique tous sexes confondus, nus, avec ses collègues et occasionnellement saouls…Les commentaires et blagues fusent et on passe une très très bonne soirée. Une fois à l’hôtel, nous découvrons qu’il y a un boitier qui sort du lit ????? c’est la télécommande du chauffage du matelas, Blanche le met au maximum et au bout de 10 minutes, elle est euphorique, il fait 40°c là dessous. Après des nuits glacées, on adore ce genre de petit gadget !

Jour 6 : Lhassa – Le Potala

 On se dirige avec excitation en direction du monument le plus connu du Tibet, la résidence du Dalai lama : le Potala. On découvre avec surprise, un bâtiment gigantesque construit sur une petite colline, dominant ainsi la ville. On prend des photos maintenant car à l’intérieur c’est interdit… On ne comprend pas bien cette interdiction puisqu’il n’a pas grand-chose à cacher. Le Potala n’est plus qu’un musée, vidé de ses moines, de son mobilier et de son occupant principal et emblématique : le 14ème Dalai Lama. La visite est limitée à une heure donc c’est un peu au pas de course que nous parcourons ce petit joyau de l’architecture Tibétaine. C’est beau mais ça manque un peu de vie, les moines ne pouvant plus pratiquer librement leur religion depuis l’occupation chinoise.

L’après midi, nous irons visiter le temple de Jokhang en plein centre du vieux quartier. De belles sculptures recouvertes de feuilles d’or, des Bouddhas par centaines, des salles de méditation et de lecture. Devant une représentation de Bouddha, les tibétains viennent prier et versent de la cire dans une grande coupe pour alimenter la flamme d’une mèche en coton. Avec comme ambiance de fond, des moines qui récitent des textes en chantant. C’est envoutant et pendant quelques minutes, nous oublions la situation tibétaine.

Nous rentrons à l’hôtel à pied en passant pas le vieux quartier, des petites boutiques de meubles traditionnels, marchands ambulants de fruits et légumes, des artisans… et puis à chaque coin de rue, un poste de police, des militaires déambulant dans les rues pour ne pas oublier que tout est sous bon contrôle chinois. Le malaise n’est jamais loin.

A 16h, le guide nous emmène en bus jusqu’à la gare de Lhassa afin d’acheter nos billets de train Lhassa-Pékin pour le 8 mai. Depuis 2 jours, le guide nous dit que le train est sûrement plein car il n’y en a qu’un par jour et très fréquenté en ce moment… On se presse au guichet, légèrement anxieux car nous ne voulons pas rester cloués à Lhassa plusieurs jours. Dans ce train vous avez le choix entre des couchettes et des sièges. Pour un trajet de 43 heures, nous n’avions pas envisagé du tout les sièges mais c’est la seule option qu’on nous propose, c’est ça ou attendre 3 jours. C’est déjà une chance qu’il reste des places alors on les achète (45€ pour 4200km). On a déjà fait deux nuits et 33 heures dans un car alors on pense pouvoir endurer ce nouveau challenge. (On ne sait pas encore ce qui nous attend !) Nous serons donc comme prévu le 10 mai au matin à Pékin, mais dans quel état …

Nous retournons à l’hôtel pour dormir mais la nuit sera courte puisque nous sommes le dimanche 6 mai et qu’une élection présidentielle se joue en France. Avec 6 heures de décalage, nous aurons les résultats à 2 heures du matin. On essaye de consulter des sites belges qui ne sont pas obligés d’attendre 20h pour donner les résultats. Vers minuit, les premières estimations tombent. Au fur et à mesure de la nuit, le résultat se confirme. A 1 heure des résultats officiels, les jeux semblent faits, La France passe à gauche et Mr Flanby devient Mr le Président. On mettra quelques jours à réaliser ces changements.

Jour 7 : Lhassa – les monastères de Drepung et Sera

 La dernière journée sera consacrée à deux monastères. Celui de Drepung, immense, il nous faudra deux heures pour le visiter. Et puis celui de Sera, à 15h nous assistons à une séance d’apprentissage des moines. Une centaine d’entre eux sont regroupés à l’extérieur et ont un comportement étrange, deux moines sont assis par terre pendant qu’un autre leur crie dessus en frappant régulièrement dans ses mains. En fait, le moine debout pose des questions sur le Bouddhisme à ceux restés assis, il frappe dans ses mains pour signifier la fin de la question. Tout ça donne un bruit et une agitation assez captivantes.

 Nous rentrons à l’hôtel pour notre dernière soirée que nous passerons avec le groupe dans un restaurant local.

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Jour 8 : le départ

L’heure de départ de notre train est à 13h45. Le trajet va durer 43 heures, nous parcourons le plateau Tibétain à une altitude de 4500m jusqu’à un col à 5200m. Nous faisons des provisions pour ces 2 jours à venir, au menu : Bananes, gâteaux, chips, pain, café, thé et 8 sachets de nouilles lyophilisées (il y a un distributeur d’eau chaude à bord). On va se régaler ! Miam miam. Après 40 minutes de transport en commun, nous arrivons à la gare, un soldat m’informe qu’il est interdit de prendre une photo du bâtiment, allez comprendre pourquoi… Nos bagages sont vérifiés avant de pouvoir monter dans le train. Et là surprise, nous imaginions des fauteuils bien confortables mais nous découvrons des places étroites avec un dossier à la verticale… ça va être sport ! Nous sommes serrés, pas beaucoup de place pour les jambes, on se lance des regards de détresse en s’imaginant dormir 2 nuits comme ça ! Nous changeons de wagon et prenons une banquette vide tant qu’il n’y a personne. A côté de nous, deux français avec qui nous commençons à discuter. Ils ont pris le train Pékin-Lhassa il y a 10 jours et nous racontent le calvaire qu’ils ont vécu : train bondé, des gens qui dormaient par terre, sous les sièges, le bruit non stop, téléphones portables, bagarres, odeurs sympathiques, toilettes bouchées… Blanche et moi rigolons nerveusement, ça va être une boucherie de 43 heures de suite, une allergie à vie des transports.

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Il est 13h45, le train démarre, nous allons quitter le Tibet pour Pékin. Tout l’après midi, nous admirons le paysage qui défile, assez similaire à celui que nous avons eu jusqu’à Lhassa : une immense plaine, teintée entre le jaune et l’orange, entourée de montagnes enneigées, des troupeaux de Yaks, des villages reculés, des lacs… c’est magnifique. Pour le dîner, c’est nouilles minute dans un Tupperware, pain et un cookie, faut pas se lasser trop vite parce que ça va être comme ça pendant 2 jours. Par chance pour l’instant le train est loin d’être plein donc nous allons pouvoir dormir un peu même si les odeurs commencent à faire leur apparition.

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La nuit se passe pas trop mal et nous nous réveillons vers 7h du matin les oreilles complètement bouchées puisque pendant le nuit, le train est descendu de 4500 à 2000m. Opération petit déjeuner ( cookies, café) que nous dégustons les yeux collés à la fenêtre, le paysage à changé pour un décor lunaire, des dunes de sable, montagnes, lacs et toujours ces Yaks. C’est déjà l’heure du déjeuner mais vous connaissez déjà le menu.

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Vers 13h, le train s’arrête dans une gare et c’est le débarquement. EN 5 minutes, le wagon est bondé et nous devons retourner à nos places d’origine. Notre wagon est aussi plein à craquer, il faut 15 minutes pour que chacun trouve sa place s’il en a une… les gens sont debout ou assis dans le couloir, s’entasse près des toilettes enfin partout ou il reste 1m². Les gens parlent, fument, mangent et jettent les déchets dans le wagon, c’est assez surréaliste. Nous nous éclipsons dans le wagon restaurant. Petit coca et calme pendant 2 heures avant de retourner affronter la foule et nos nouilles chaudes.

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Il est 20h, il nous reste encore 12heures et la nuit (mais quelle nuit ?) va être rude. Jusqu’à minuit, il sera difficile de fermer l’œil à cause du bruit et des bousculades. Nous arriverons à dormir par petites tranches avant que le monde ne s’agite vers 6h. Le paysage est devenu uniquement urbain et nous attendons la délivrance. A 8h, le train entre en gare de Beijing, nous foulons le sol du quai pour respirer un peu avant de nous diriger vers l’ambassade de Mongolie pour faire faire nos visas. Mais ça c’est une autre histoire!

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